Le manager de transition occupe, le temps de quelques mois, un poste clé au sein d’une entreprise qui le mandate durant une période décisive pour son avenir. Avant de se lancer dans une telle activité, ces cadres sont souvent confrontés à la même problématique, à savoir le choix du statut juridique. Doivent-ils opter pour la SASU ou le portage salarial ? Des questions auxquelles nous allons tenter de répondre à travers cet article.

Qu’est-ce que le métier de manager de transition ?

Les managers de transition sont, de manière générale, des cadres dirigeants – DG (directeur général), DAF (directeur administratif et financier), DRH (directeur des ressources humaines), directeurs commerciaux, etc., spécialistes de la conduite du changement et dotés d’une solide expérience. À ce titre, ils sont missionnés par des clients afin d’intervenir sur des projets complexes tels que la restructuration d’un service, la préparation d’une fusion/acquisition, d’un PSE ou la préparation d’une internationalisation. Pour exercer ce métier, le cadre dirigeant peut choisir entre plusieurs statuts juridiques : créer une entreprise individuelle ou passer par une société de portage salarial.

Les avantages d’une SASU

La SASU fait partie des sociétés individuelles telles que l’EURL, L’EIRL et la microentreprise. Ce statut bénéficie de nombreux avantages qui amènent de nombreux dirigeants à opter pour cette forme juridique.

Les avantages sociaux

Le président de la SASU relève du régime social des assimilés salariés et ne cotise donc pas au RSI comme le feraient les entrepreneurs issus du régime des travailleurs non-salariés (TNS). À ce titre, il bénéficie de la protection sociale du régime général de la Sécurité sociale et paye en conséquence les mêmes cotisations sociales. En outre, l’associé unique profite d’une prise en charge relative aux maladies professionnelles et accidents du travail. Toutefois, contrairement aux salariés, il ne cotise pas à l’assurance chômage et ne pourra donc pas profiter d’une allocation en cas d’arrêt de son activité.

Les avantages financiers

Si le président de la SASU ne perçoit aucune rémunération, il ne payera aucune cotisation sociale. Par ailleurs, le manager de transition ayant choisi ce statut pourra toucher l’intégralité de ses allocations (ARE), si la création de la SASU intervient lors d’une période de chômage. Pour ce faire, il lui sera bien évidemment demandé de ne prendre aucune rémunération de son activité.

En tant que président d’une SASU, vous pouvez jongler entre salaire et dividendes. Ces derniers ont l’avantage de bénéficier d’un régime plus simplifié avec une flat tax de 30%. En outre, si le président se rémunère avec les dividendes, il ne sera pas soumis au règlement des cotisations sociales.

Les avantages patrimoniaux

Alors que dans la plupart des entreprises individuelles le patrimoine de l’entrepreneur est engagé, la SASU bénéficie, quant à elle, d’une réelle protection de son patrimoine. Ainsi, le patrimoine personnel et professionnel de l’associé unique sont distincts.

Pour vous renseigner davantage sur ce statut, il est nécessaire de s’adresser à des personnes compétentes en la matière telles que des experts-comptables qui pourront vous renseigner point par point sur les caractéristiques de la SASU et juger si cette structure juridique est compatible avec le métier visé.

Les avantages du portage salarial pour le manager de transition

Avec plus de 70 000 salariés portés, le portage salarial séduit et incite de plus en plus d’entrepreneurs à se tourner vers ce statut à mi-chemin entre le salariat et le monde de l’entrepreneuriat. Il peut présenter de nombreux avantages pour un manager de transition. Voici quelques avantages que procure ce statut.

Une couverture sociale similaire à celle des salariés

C’est sans aucun doute l’une des raisons privilégiées qui expliquent l’engouement des managers de transition à se tourner vers le statut du portage salarial. La protection sociale des salariés portés qui regroupe notamment la sécurité sociale, l’assurance chômage, la prévoyance, etc., est fixée au même niveau de garantie que n’importe quel salarié. Ce point est évidemment à mettre en perspective avec les indépendants qui sont, eux, obligés de cotiser auprès de caisses complémentaires pour assurer un niveau de garantie similaire.

Un gain de temps et une externalisation de toute la gestion administrative

L’idée principale du portage salarial est de conférer aux salariés portés les avantages du salariat et de l’entrepreneuriat tout en limitant les inconvénients des deux statuts. Ainsi, le salarié porté jouit d’une certaine liberté dans ses actions, comparable à celle des entrepreneurs. En effet, à aucun moment la société de portage n’intervient dans la gestion même des activités commerciales du salarié porté. En outre, du fait de l’externalisation de la gestion administrative, ce dernier concentre l’essentiel de son temps et de son énergie au développement et à la croissance de son activité. On ne pourrait pas en dire autant d’un indépendant, qui est dans l’obligation de s’occuper de toutes les formalités administratives et fiscales.

Un statut plus sécurisant

La majorité des entrepreneurs doivent souscrire à une assurance responsabilité civile professionnelle (RCP) qui, selon les secteurs, varie sensiblement en prix. Cela est nécessaire pour exercer son activité de manière sereine, en s’assurant des dommages causés aux tiers – qu’ils soient corporels, matériels ou immatériels. Les salariés portés n’ont pas à se soucier de ces formalités, ils sont automatiquement couverts par la société de portage qui leur fait profiter de leur assurance RCP.

Un réseau à votre service et des formations possibles

Intégrer une société de portage, c’est aussi faire partie d’un réseau au sein duquel vous pourrez tisser des relations commerciales, entre autres. Qui plus est, certaines sociétés de portage accompagnent leurs salariés portés dans l’acquisition de compétences par le biais de diverses formations – prospection commerciale, prise de parole en public, entre autres.

De meilleures garanties

Parmi les principales difficultés des indépendants se trouve l’accession à la propriété et l’emprunt bancaire. En effet, pour se loger ou emprunter, un entrepreneur doit en compensation présenter de solides garanties aux bailleurs et/ou organismes bancaires. Cela passe évidemment par des documents comptables sur plusieurs années. Le salarié porté est, quant à lui, en contrat – CDD ou CDI – et peut, à ce titre, présenter des fiches de paies attestant de ses revenus. Ce cas de figure permet notamment de garantir et de prouver à vos interlocuteurs une certaine stabilité financière.

Des simulations claires et précises

Des simulateurs sont mis à disposition des managers de transition désireux d’opter pour le statut de salarié porté pour leur permettre d’estimer leur salaire net. Toutefois, la société de portage, comme n’importe quelle autre solution, n’est pas exempte d’inconvénients. Le coût du portage salarial est sans doute l’un des premiers. En plus des cotisations sociales et patronales versées, l’entreprise de portage se rémunère à hauteur de 5 à 11 % des honoraires perçus. Les prix et les garanties n’étant pas les mêmes d’une société à une autre, nous vous invitons à vous renseigner directement auprès des sociétés qui vous intéressent.